
Ça fait plusieurs années que je songe au parcours bariatrique. Depuis 2017 exactement, juste après l’accouchement de mon premier miracle, mon fils. Seulement je me disais toujours : « Mais non, c’est seulement pour les cas extrêmes, toi t’es pas assez grosse pour eux, juste trop grosse pour les normaux. »
J’avais vraiment cette impression de n’être jamais assez ceci ou cela. Comme s’il y avait une « norme des normaux » et une « norme des gros ». Je regardais aussi pas mal de documentaires sur l’obésité, mais encore une fois on n’y montrait pas des gens « comme moi ». C’étaient bien souvent des personnes de plus de 110-130 kg, taillant 1,70 m et ayant eu plusieurs enfants, mariés, avec un travail de bureau et de gros problèmes de santé… Je ne me reconnaissais jamais dans ces personnes, dans ces émissions, aucun « modèle » pour m’aider à prendre une décision.
En 2020, sort l ’émission « Opération renaissance » sur M6. J’ai pu, pour la première fois voir deux profils me correspondant : Taille, parcours, traumatismes d’enfance, aléas de la vie, et surtout ce qu’impliquait plus précisément ce parcours.
Je suis tombée enceinte de mon deuxième bébé miracle en 2022 après deux ans d’arrêt de pilule, et d’aménorrhées (C’est une période où tu n’as plus tes règles naturellement). Suite à mon accouchement, j’ai vraiment ressenti le besoin de prendre soin de moi. Le parcours m’appelait de plus en plus, mais il me restait encore un frein pour passer la porte de mon médecin et dire : « J’ai besoin d’aide. »
Finalement, et malgré elle, c’est ma maman qui m’a aidé à passer ce cap. Diagnostiquée d’un cancer du pancréas le 14 février 2024, j’ai pris (comme tout le monde d’ailleurs), une énorme put**n de claque. Genre, comment ma maman, qui a toujours mangé sainement, très active, ne bois pas, ne fume pas, et de poids tout à fait correct, se choppe une telle merde ?
J’ai alors commencé à me renseigner sur son cancer. J’ai pu voir entre autres, que l’obésité est un facteur aggravant… J’ai également pu noter, que les problèmes liés à la vésicule biliaire, les voies biliaires et les pancréatites sont susceptibles d’aggraver les risque de s’en chopper un. Pour la petite histoire, j’ai déjà eu l’ablation de ma vésicule, qui faisait 3 fois sa taille, et j’ai failli avoir une pancréatite à cause de ça.
Quand je vois tout ce qu’elle endure, sans broncher, avec courage, force et dignité je ne peux juste pas rester sans rien faire. Sans même m’en rendre compte, j’arrête les grignotages de réconfort. Parfois, mes plats me dégoutent. J’en fais comme un rejet, ils m’écœurent. J’ouvre vraiment les yeux sur ces problèmes de compulsions alimentaires.
J’ai pas envie non plus d’être une maman sur une photo dans un cadre. Imposer ça à mes enfants et mon homme, ce serait juste égoïste et ignoble. J’ai pas envie de mourir à 40 ans d’une crise cardiaque. J’ai pas envie de laisser deux enfants que je ne verrais pas grandir, devenir des adultes, puis avoir leur propre famille. J’ai pas envie de laisser à mon homme l’image d’un cadavre, dont il se rappellera les bons moments sur une photo. J’ai pas envie de leur imposer ma mort prématurée.
Je rallume donc ma balance, le 17 février 2024, qui ne m’a plus servi depuis très longtemps, et la douloureuse tombe : 92 kg. Connasse.
Je n’ai JAMAIS fait ce poids. Et là, dans mon esprit c’est très clair. J’ai besoins d’aide. MAINTENANT.

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