29 novembre 2024

Allez, c’est parti pour ma troisième séance. J’ai dû la faire en visio c’était plus pratique pour moi. Et c’était une bonne séance d’ailleurs. Aujourd’hui on a parlé (entre autres) de satiété et de rassasiement. Oui oui m’sieurs dames, je vous vois parfaitement venir : « C’est la même chose » nianianiah, bah non.
La satiété c’est quoi ?
C’est tout simplement le laps de temps qui s’écoule, depuis la fin de ton repas, jusqu’au moment où ton cerveau se dit : merde, j’ai la dalle frérot.
C’est donc le moment ou tu n’as pas faim. Le moment où tu as fini ton repas, jusqu’au prochain. C’est donc une période de plusieurs heures, et non pas un moment succinct, comme l’est le rassasiement.
Être rassasié c’est quoi ?
C’est justement ce que tu ressens quand tu as terminé ton repas. Tu sais, la fameuse barre qui t’indique que : c’est bon arrête de me gaver de bouffe, c’est blindé là.
C’est la sensation d’une barre, qui peut être située au diaphragme quand tu ne force pas trop, mais qui peut finir par monter de plus en plus si tu continues de manger malgré cette sensation.
Il était important d’en parler, car post-op, tu n’auras en général ni la sensation de rassasiement, ni celle de satiété (j’ai pas dit toujours !). Il faut donc savoir exactement reconnaitre où t’en es pour manger en pleine conscience de tes sensations.
On a aussi buché d’autres axes : la balance avantages/inconvénients de chacune des situations, à savoir : l’avant / l’après. Cette séance c’est un peu comme un snack spécial préparé uniquement pour moi : mon cas, ma vie, mes habitudes… Bref, c’est du sur-mesure ! Heureusement, tout le monde ne me ressemble pas (imagine le désastre si on avait tous les mêmes tracas). Si t’allais chez le psy et qu’il te posait les mêmes questions, tes réponses seraient sans doute différentes des miennes !
1 – Les avantages, à rester sur mon lit de foie gras ?
– La procrastination. Pas besoin de se bouger, pas besoin de faire les choses, on remet à plus tard, encore et encore.
– Se complaire. On sait qu’on est dans la merde, mais on se dit : bah écoute foutue pour foutue, allons y.
– Aucun effort. Et ouais, c’est facile de se plaindre et de ne pas s’aimer, mais c’est encore plus simple de ne rien faire pour améliorer les choses. Et le peu qu’on fait, on le fait mal également.
2 – Les inconvénients de ce bain d’huile ? (J’suis inspirée ce soir mon chat !)
– Justement le manque de motivation pour tout. Pas avoir envie de jouer avec mon fils dehors, parce que : « j’suis fatiguée« .
– N’avoir aucune estime de soi. Bah ouais forcément quand tu te sens comme une merde, c’est difficile d’avoir envie de te bouger.
– Les compulsions alimentaires qui sont devenues une habitude. C’est l’effet boule de neige ça. Au départ t’as des compulsions de grignotage, liées à une émotion, une situation. Et en fait, très vite, ça devient une habitude que de bouffer de la merde en journée.
– La santé qui décline : on est moins souple, plus essoufflé, on a des douleurs qui se révèlent chaque jour un peu plus. (Et ça c’est que mon cas, mais les problèmes type hypertension, diabète, apnée du sommeil etc sont encore plus sérieux)
– J’en ai marre de subir mon poids : Je le subis physiquement, mais mentalement aussi avec mon agoraphobie. Je SAIS qu’elle guérira avec ma perte de poids, car c’est une conséquence de l’obésité chez moi. Je veux juste tellement pas être vue. Je veux disparaitre aux yeux des autres. Je ne veux pas que les autres voient ce que moi-même je vois dans le miroir, car c’est juste dégueulasse. Je me sens vraiment comme une merde. J’en ai marre de ça. C’est pas moi.
3 – Quels sont les avantages du post-op ?
– C’est une béquille. Une aide accélérée, mais sans volonté sans suivi on n’aura rien. C’est un combat d’une vie.
– Qualité de vie accrue. Pouvoir se bouger, manger sainement tout en se faisant plaisir, pourvoir faire du sport et m’amuser avec mes enfants. Ne plus craindre le regard des autres, ne plus me cacher. Être moi en fait. Celle que j’étais il y a pas mal d’années maintenant.
– Retrouver ma santé ! Être capable de courir et jouer avec mes enfants. Faire des promenades, aller à la piscine, ne plus être essoufflée de monter des putains d’escaliers.
– Retourner dans des magasins ! Ne plus subir cette agoraphobie qui me pourrit l’existence. (Faut savoir que actuellement, je ne rentre dans aucun magasin à part ma librairie, je fais tout en ligne, ou en drive. Ou alors c’est mon chéri qui va faire les courses. C’est invivable pour moi. J’ai jamais emmené mon fils dans un magasin de jouet pour lui offrir un petit truc. Quand il me demande d’aller à la fête foraine, ou d’aller dans telle structure, c’est toujours pareil : on verra. Sauf qu’on verra rien, et que je dis non. L’école c’est un supplice, je me mets dans un coin, pour pas voir les autres et ne pas paniquer. J’aimerais tellement être transparente… Ca peut pas rester comme ça bordel de merde.)
– Piloter sur circuit à nouveau. Ca c’est ma passion depuis enfant. Et je ne peux plus le faire. Je rentre plus dans mon baquet, je suis limitée dans mes mouvements, mon ventre touche mon volant… J’veux plus de ça.
4 – Quels sont les inconvénients du post-op ?
– Le stress qui est engendré par un changement radical de vie sur les premiers mois. Bien que pour moi, il est déjà d’actualité depuis février 2024, c’est quand même une période de stress, que ce soit le parcours avec les examens que l’on passe, comme le chamboulement de mes habitudes. Devoir rencontrer des étrangers, c’est difficile pour moi, et ça induit de l’anxiété. J’ai beaucoup de chance que l’équipe soit si bienveillante d’ailleurs.
– La peur de l’échec qui peut intervenir dans les 5 années suivant la bariatrie. Suffit de reprendre de mauvaises habitudes alimentaires, petit à petit pour retomber dans des travers c’est POUR CA que ton suivi psychologique ET diététique sont super importants. Vraiment ne négliges pas ça.
C’était aussi l’occasion pour elle de tester ma motivation quant au parcours. Être sûre que je ne le fais pas pour de mauvaises raisons, ni en ne le prenant pas réellement au sérieux. C’est normal après tout, si c’est pour faire de la merde durant le post-op, c’est clairement pas la peine de se casser le cul à faire tout ça. Enfin c’est comme ça que je le vois.
Je la reverrais donc le 13 décembre lors de ma seconde Hospitalisation de jour, mais ce sera un entretien bref, et ma quatrième séance sera le 23 décembre.
❤ ❤ Je voudrais aussi, car j’ai eu deux petits messages en ce sens, vous remercier de prendre des nouvelles de ma maman. Pour l’instant, elle va bien. Elle commence la semaine prochaine les rayons couplés à de la chimio en cachets, donc on verra comment elle réagit à ça. Pour le moment, le moral est bon, le scanner d’il y a deux semaines était très bon : pas de traces de métastases ou d’une récidive de la tumeur enlevée en avril. On croise les doigts que ça continue aussi bien, mais le cancer du pancréas est un des plus agressifs et mortel. Alors ça peut aller très bien d’ici les 5 années à venir, comme ça pourrait très brutalement aller de mal en pis en moins d’un an. En tous cas, on ne lâche rien, on continue de se battre avec elle, et on voit le positif : pour l’instant, ça va. C’est ce qu’il faut prendre et garder à l’esprit.
Merci encore de votre soutien, prenez soin de vous mes p’tits chats. ❤ ❤

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