23 avril 2025

J’fais un article par journée pour faciliter la mise en page, parce que c’est fatiguant. Et t’inquiètes pas, je vais bien au final.
J-J : SLEEVE ME BABY ONE MORE TIME
C’est aujourd’hui. Ma vie changera dans quelques heures. Il est 6h00. Je me suis couchée à minuit mais bon l’excitation fait que j’ai peu dormi, à peine 40 minutes. L’opération ne me stresse pas, c’est l’anesthésie générale qui me soule, avec ses effets secondaires.
[…]
En arrivant, je vais au labo. La prise de sang est faite rapidement, impeccable. On traverse le parking avec mon papa, qui m’a conduite, et à qui je dis alors au revoir, et je me présente au bureau des admissions.
Rien ne se passe comme prévu. La veille un sms m’a convoquée pour 8h00, or, pour eux, je n’étais attendue qu’à 11h15… Bref je t’épargne les péripéties, ça te mettrait surement en colère.
Le temps passe, et à 11h15 on m’indique de suivre le fléchage au sol, direction le box d’attente de l’unité pré-opératoire (UPO).
J’y rencontre une aide-soignante, qui vérifie mon identité, et qui pose mon bracelet identitaire au poignet. Elle me donne ma tenue à revêtir pour le bloc. Elle reviendra ensuite poser le cathéter.
Je mets alors ma blouse, ma superbe charlotte qui me fait ressembler à un gland, le pantalon fourni, et mes sur-chaussures en plastique. Mama, c’est magnifique. Et pas de culotte. Ouaip, tu vas rester les miches à l’air un certain temps. Elle met mes affaires dans une caisse scellée. Cette caisse me suivra jusque dans ma chambre.
J’attends sur ma chaise qu’ils viennent me chercher. Patiemment.
[…]
13h40 : Les brancardiers viennent me chercher. Ils sont plutôt sympas et entament la discussion rapidement. L’un d’eux plaisante sur ma taille, ce à quoi je réponds qu’hélas, j’aurais bien usé de mon petit 36 si j’avais mes groles aux pieds… Plus on avance vers le bloc et plus il fait froid.
J’y arrive. Je salue les brancardiers, puis je dis bonjour au personnel du bloc. On vérifie encore mon identité, me fait un rapide cheklist de ma situation pour l’anesthésie… On me fait monter sur table d’opération. Ça pèle ! Moi qui suis frileuse, j’suis contente qu’ils sortent la couverture à air chaud, un vrai bonheur cette sensation ! Ouais faut que tu saches, un bloc opératoire a une température de plus ou moins 17 degrés. (Ma maison à 20°C me manque là ahah)
L’anesthésiste et une infirmière sont là. On pose deux électrodes sur le haut de ma poitrine. Ils connectent la tubulure au cathéter, et me voilà branchée à la perfusion. On pose un masque sur mon nez et ma bouche, et l’on me demande de prendre de très grandes inspirations. L’anesthésiste me parle de la Formule 1, mon péché mignon, mais j’ai à peine le temps de lui dire que j’adore Verstappen et que Stroll est un conna-
SPOILER : J’SUIS PAS MORTE
J’émerge TRES difficilement. J’entends plusieurs bips sonores, mais émanant de directions différentes. Je sens que je suis « réveillée », mais j’ai du mal à ouvrir mes yeux, j’ai un spot lumineux qui m’éclate les rétines. J’en pleure. Et peut-être que je pleure de soulagement aussi. Ou peut-être que c’est à cause de la tubulure dans ma bouche qui me fait suffoquer.
L’infirmière vient tout de suite me voir. Elle me dit que tout va bien, que je suis en salle de réveil et de ne pas paniquer. Je sens qu’on retire ce que j’ai dans la gorge, puis elle demande si j’ai besoins de quelque chose. Niveau douleur, j’avoue que j’ai mal dedans, très fort, avec ces foutus gazs. On sent qu’on a travaillé, mais ça reste une douleur supportable ça. Par précaution elle me met une petite dose d’anti douleur. Selon elle, tout s’est bien déroulé, et je suis restée 45 minutes au bloc. Il est apparemment 15h30. Si mes calculs sont bons, j’ai pas encore passé deux heures ici.
Peu après l’injection des antalgiques, je vomis une grosse boule de sang. Pas très ragoutant, c’est clair. On me donne un haricot.
Ma marraine vient me voir, elle travaille au poste de préparatrice. Elle s’est justement occupée de préparer pour mon opération, et je suis contente de la voir. Je suis par contre incapable de suivre la conversation, tant j’ai des nausées et du mal à tenir ma tête. Je passe une heure de plus ici, avant que le médecin réanimateur donne le feu vert pour me remonter en chambre.
RETOUR EN CHAMBRE
Il est actuellement 16h30, et je viens tout juste de remonter en chambre. Niveau douleurs, c’est pareil, j’ai mal, et je suis en mode nausées de folies. J’suis en unité de chirurgie complète finalement, pas eu besoin de me mettre aux soins intensifs. J’ai beaucoup de mal à réaliser ce qui se passe. Peut-être un état de choc, je ne sais pas. J’ai envie de pisser aussi, laisse tomber ! Mais j’attends que l’infirmière vienne, elle devrait pas tarder et j’en profiterais pour lui demander son aide si besoin. Comme quand tu viens d’accoucher, pas le droit de se lever seule pour la première fois. Bah ouais, ce serait con que j’me casse la gueule, sans pouvoir appeler quelqu’un quoi. Faut jamais prendre de risque en post-opératoire, surtout avec une AG.
[…]
Les infirmières arrivent, et se présentent. Elles s’appellent Léa et Pauline. Elles font donc partie de l’équipe de jour. Elles m’aident à faire le premier lever, et je remarque que j’ai des bas de contention vraiment chelous aux jambes.
Ca se passe très bien, donc je suis contente, malgré beaucoup de douleur. Je redoutais vraiment ces fucking malaises, parce que j’en ai toujours fait post-op.
Elles m’aident quand même pour aller jusqu’aux toilettes, mais ca va bien. Et putain, le plaisir de pisser ! Olala j’pourrais en pleurer tellement j’avais la vessie gonflée comme une montgolfière ! :O
En revenant à mon lit, elles raccordent mes bas à une tubulure à air qui compresse et décompresse mes bas à intervalles régulières. Je demande si je peux avoir une dose d’antalgiques à cause de ma douleur, mais apparemment on m’en a donné une juste avant ma remontée en chambre : va falloir attendre au moins 20h… Ca va être long tout ça. Et là, je vomis. Pas eu le temps d’attraper le haricot qu’on a laissé sur la table à deux mètres. Elles passent alors du primperant dans ma perf.
– Bon… Va falloir que je vous appelle à chaque vomito ?
– Oui, on doit surveiller ce qui sort.
– Bon, bah à dans pas longtemps.
J’plaisante à moitié.
[…]
L’équipe de nuit arrive vers moi parce que je les appelle. Il est 21h45. J’ai vraiment très mal, plus une envie de pisser. Ils sont adorables, m’aident beaucoup pour que j’aille aux toilettes, et vont chercher du « tramadol » et là je tique.
– Ah non mais le tramadol je ne le supporte pas.
– Ah bon ? Car c’est ce qui est écrit pour vous madame.. me dit le jeune soignant.
– Non non pas de ça sinon je vais vomir et faire des malaises. C’était écrit par l’anest dans ma consultation.
– Ok pas de soucis, je vais aller demander autre chose et je reviens.
– Désolée.
– Non madame aucun soucis, on est là pour ça.
Bref ils ont mis de l’Acupan et du Perfalgan : vomito dans les 30 secondes qui ont suivi. Du coup ils ont été chercher du Primperant en courant pour calmer ça. Je comprends donc que l’acupan en intra veineuse c’est mort aussi pour moi, et je comprends mieux mon état vaseux, et les vomitos depuis que je suis revenue en chambre. On m’a encore une fois mise sous Tramadol… au top.
Le reste de la nuit, et malgré les antalgiques qu’on me donne depuis cet après midi, n’a été que douleurs, d’ailleurs horribles pendant les vomis, pipis, nausées… Une douleur entre les omoplates aussi, type lancinante, et ma lèvre supérieure explosée par l’intubation.
J’ai pas dormi, pour la deuxième fois.
Voilà pour cette première journée… Je suis opérée, j’ai mon bébé estomac, mais franchement pour l’instant, c’est très difficile. J’ose espérer que demain ça ira mieux, parce que là honnêtement, je douille à mort. Les gazs de la coelio, se mêlent à la douleur vers le foie à cause du redon qu’on m’a mis, j’ai super mal au dos, je suis dans une chambre à 25 mais je suis en frissons, incapable de tenir mon téléphone plus de deux minutes sous peine de vomir, je laisse seulement la TV tourner pour avoir une notion du temps. Les soignants passent toutes les heures, car la perfusion d’hydratation me rempli la vessie très vite, et ils doivent à chaque fois déconnecter – reconnecter ces foutus bas, parfois ils y passent 10 minutes parce que ça refuse de s’enlever, bref. Nuit TRES longue et difficile. Douleurs, douleurs, douleurs.

Répondre à Bordel de Sleeve Annuler la réponse.